Radical et sans Limites

Olaf Breuning · Hello Darkness, 2002, Installation, Vue d’exposition

Olaf Breuning · Hello Darkness, 2002, Installation, Vue d’exposition

Gianni Motti · Gardes suisses
du Vatican gardant l’entrée du Swiss Institute, 2001

Gianni Motti · Gardes suisses
du Vatican gardant l’entrée du Swiss Institute, 2001

Fokus

Fondé en 1986 dans le but de promouvoir un dialogue artistique entre la Suisse et les Etats-Unis, le Swiss Institute est devenu – avec Marc-Olivier Wahler à sa direction artistique – un centre entièrement dédié à l’art contemporain. Ses expositions tantôt dérangent, tantôt stimulent ceux qui, installés dans un confort académique, tendraient à s’assoupir.

Radical et sans Limites

Le Swiss Institute - Contemporary Art, New York

Un immense étendard rouge à croix blanche ondoyant sur Broadway révèle le Swiss Institute, installé dans un espace de 200 m2, en plein cœur de Soho. Il est pourtant bien loin de ce que l’on pourrait attendre d’un centre culturel national puisqu’il n’a de suisse que le nom et un tiers de financement gouvernemental. Il jouit en effet du privilège de constituer une institution indépendante qui se voue, sans compromis, à l’art contemporain, tout en revendiquant le parti pris de témoigner avant tout de la scène artistique internationale, tout en soutenant la création suisse.

À la direction artistique depuis deux ans, Marc-Olivier Wahler a été engagé pour donner à ce lieu une identité forte. Mission en bonne voie pour ce facétieux agitateur ayant, entre autres, établi la solide réputation du CAN – Centre d’Art Neuchâtel – qu’il avait dirigé entre 1995 (date de sa création) et 2000. Il poursuit son parcours Outre-atlantique avec toujours la même et intime conviction, celle de concevoir un centre d’art à la
fois comme un «champ d’expérience», une «plate-forme d’échange» et un «espace de réflexion sur le lieu d’art».

Ainsi en atteste la prochaine exposition présentée au Swiss Institute – intitulée «Black Bonds» – qui accueillera les peintres et musiciens Jutta Koether et Steven Parrino, tous deux membres du groupe Electrophilia. Une réunion de médias les plus divers (peinture, musique et performance) autour de l’idée du fiasco sera de la partie puisque ces artistes inviteront, chaque semaine, des musiciens (Black Dice, Foot, Merzbow et Christian Marclay) à se produire autour de leurs «failed paintings» afin de rendre un hommage post-dada au Cabaret Voltaire et à tous les inventeurs de «machines à bruit».

En transformant, tour à tour, le Swiss Institute en salle de concert, bureau de vote, casino illégal ou encore lieu sacro-saint surveillé par des gardes suisses, Marc-Olivier Wahler n’hésite ni à métamorphoser de façon radicale l’espace d’exposition, ni même à le déplacer pour intervenir directement dans le contexte urbain par le biais de performances, de concerts et d’installations toutes des plus spectaculaires. Jugez plutôt les projets détonants qu’il échafaude: une exposition sur les terrasses de gratte-ciel new-yorkais, laquelle serait uniquement visible depuis l’Empire State Building, ou encore la fanfare de l’armée suisse défilant, au rythme d’une musique techno, le long de la rampe en spirale du Musée Guggenheim.

Une programmation dictée par la provocation de rencontres inattendues et le souci du dialogue entre artistes, lieux d’expositions et univers quotidien n’aurait toutefois pas dû transmuer, cette fois-ci, le Swiss Institute en un funeste prophète. Un vernissage renvoyé d’abord, puis la visite impromptue du FBI, soulignèrent l’étrange coïncidence: la mise sur pied d’une exposition, «Mayday Mayday», sur «l’état de tension» du pilote avant le «crash» de son avion, agendée au 11 septembre 2001.

«Black Bonds»: Steven Parrino et Jutta Koether du 14.11.02 au 11.01.03 avec les concerts de Black Dice, Foot, Christian Marclay et Merzbow.

Institutionenabsteigend sortieren Land Ort
Swiss Institute Vereinigte Staaten New York
Künstler/innen
Olaf Breuning
Gianni Motti
Autor/innen
Eveline Notter

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