Editorial

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Vous avez dit féministe?

Le féminisme en art a commencé à s’exprimer dans l’après-coup de 1968 sous une forme activiste, universitaire et politique. Puisant aux sources traditionelles du féminisme anglo-saxon et des mouvements de libération, les artistes femmes ont tenté de prendre la parole, d’affimer avec un militantisme caractérisé parfois stéréotypé, une identité forte, fût-ce au prix d’une affirmation calquée sur le modèle masculin. De cette période qu’on pourrait qualifier d’héroique, le feminisme a évolué vers une approche moins directement iconoclaste mais plus déconstructive, qui se concentra dans les années 70 sur la notion de regard (notamment de regard masculin). Avec les débats sur la postmodernité cette notion de déconstruction s’est généralisée mais, dans le même temps, les convictions ont reflué et la problématique féministe tend à glisser vers celle des minorités en général.Aujourd’hui les jeunes artistes femmes vivent le temps où la réflexion peut porter sur un univers féminin qui échapperait aux déterminations sociales et culturelles. Pour autant, le travail d’artistes comme Martha Rosler, Sherrie Levine, Barbara Kruger ou Cindy Sherman n’a pas perdu de son acuité. Leur position face à la modernité – leur refus de développer un discours totalisateur, de figurer de manière univoque la réalité, leur volonté de montrer l’impossibilité ou l’indignité de parler à la place des autres – continue d’examiner, de critiquer et d’ébranler le concept même de pouvoir d’un point de vue sexuel, racial et social.

 

Autor/innen
Françoise Ninghetto

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