Editorial

HANSPETER HOFMANN ? Ohne Titel, 2001, Acryl auf Leinwand, (Ausschnitt), 140 x 100 cm

HANSPETER HOFMANN ? Ohne Titel, 2001, Acryl auf Leinwand, (Ausschnitt), 140 x 100 cm

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Mehrstimmigkeit hat die Kunst-Bulletin-MacherInnen schon immer interessiert. Sei es in Form von Zitaten, die in der Randspalte neben dem Haupttext einige zusätzliche Fenster aufgehen lassen, von Gesprächen oder von Kollaborationen wie die «Paarläufe» in der vergangenen Ausgabe. Im aktuellen Heft starten wir nun ein neues Projekt: KünstlerInnen als VermittlerInnen von Kunst aus vergangenen Epochen. Die Texte sollen dabei weder kunsthistorischen noch kunstkritischen Ansprüchen genügen. Vielmehr geht es um einen ganz persönlichen Blick auf eine ferne Kultur. Die Zürcher Künstlerin Teresa Chen hat sich bereit erklärt, ihre Eindrücke aus einer Ausstellung von Buddha-Statuen im Rietberg Museum zu schildern. Überraschenderweise war es nicht ihr entrücktes Lächeln oder ihre Unversehrtheit nach Jahrhunderten vergraben in der Erde, das die Künstlerin faszinierte, sondern der Diskurs der Historiker über die steinernen Gewandfalten. Daraus hat Teresa Chen für sich eine eigene kleine Geschichte entworfen und für uns ein Plädoyer dafür, in Kulturgeschichte einzutauchen und diese aus eigener Perspektive weiterzuschreiben. Claudia Jolles

Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu ça: un film sans effets, où le temps est immobile parce qu’il obéit au rythme des sentiments, un film ultradense par l’épaisseur de ses personnages et ultraléger par la petite brise qui se glisse entre les acteurs, dans le récit, en parfaite harmonie avec le jardin – unique décor – où l’eau s’écoule doucement entre les fleurs et les feuillages. Ode à la lenteur, «Ceux d’en face» de Jean-Daniel Pollet est un petit bijou de délicatesse, qui vous prend le regard et l’esprit, où chaque instant oscille, se module, respire. Pourtant (pour autant que ce ne soit pas un simple effet de surface) j’aime les images qui nous vrillent la pupille, les sons qui nous ébahissent les oreilles, la complexité que la multiplicité des supports, des registres et des angles d’approche peut apporter lorsqu’elle se développe avec virtuosité. Mais à la surcharge, «Ceux d’en face» oppose la simplicité des moyens. Et il est bon de s’en souvenir, car tout est là et se répond de bout en bout: la présence des corps, l’expression des visages, le texte qui laisse des zones de silence et de non-dit, la musique qui s’entend et se lit, les paroles prononcées et celles qui s’écoutent. Polysémique, ce film est comme la fusée d’un feu d’artifice libérant une nouvelle pluie d’étoiles au fur et à mesure qu’elle poursuit sa lancée. Qu’une mouche vienne se poser sur les photographies dont Linda tente de comprendre le sens pour les organiser en vue d’une exposition, et le temps reflue, du présent vécu à celui de la mémoire, du réel du monde qui vient se cristalliser dans ce jardin, clairière de l’être. «Ceux d’en face», de Jean-Daniel Pollet. Avec Michael Lonsdale, Valentine Vidal et Alain Beigel. 2001, 1h30. Françoise Ninghetto

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