Editorial

Andrea Wolfensberger · Sternmagnolie 2, 2003, (Ausschnitt), Öl auf Aluminium, 39,5 x 49,5 cm

Andrea Wolfensberger · Sternmagnolie 2, 2003, (Ausschnitt), Öl auf Aluminium, 39,5 x 49,5 cm

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Kann man die ästhetische Verantwortung für die Setzung einer Linie mit der gesellschaftlichen Verantwortung für Gestaltung politischer Strukturen einander gegenübersetzen? Ist künstlerische und politische Verantwortung miteinander in Einklang zu bringen? Roza El-Hassan ist schon durch ihre Herkunft – der Vater ist Syrier, die Mutter Ungarin – in einem spannungsgeladenen Umfeld aufgewachsen. Mit Arbeiten wie dem mit bunten Stecknadeln bespickten schwarzen Felsen, dem T-Shirt mit dem Slogan «We are overpopulation» – eine Koproduktion mit Milica Tomcic – , einer unlängst im Rahmen des Collegium Helveticum Zürich veranstalteten Blutspendeaktion oder ihren aus dem Körperlichen heraus entwickelten Zeichnungsserien gibt sie dieser inneren Zerrissenheit zwischen ästhetischer und ethischer Verantwortung bildhaften Ausdruck. Spannungen aushalten und diesen Gestalt verleihen, komplexen Zusammenhängen Nachdruck und Raum verschaffen, ist an sich schon eine politische Geste. Schon das Bewusstsein, dass jeder «kollektive Traum» immer auch Ausschliesslichkeitswert hat, ist ein Plädoyer für eine Menschlichkeit, die keine quantitativen Relationen duldet. Claudia Jolles

Depuis de longs mois, le monde a pris une sinistre trajectoire qui distille une angoisse sourde habillant tristement la certitude de l’irrémédiable en marche. Pourtant certains intellectuels peuvent – ainsi que le rapporte «Le Monde» à propos de la première rencontre à la Maison des cultures du monde organisée par l’Institut des hautes études en psychanalyse «Pourquoi la guerre?» – disserter, comme l’a fait Baudrillard, avec calme sur une réalité presque abstraite. «Événement bidon, de substitution, un non-événement fantoche» (ne visant qu’à exorciser les attentats du 11 septembre): guerre, sang, morts, souffrance sont invisibles, donc radicalement virtuels. Qu’il nous soit permis d’encourager le discours pacificiste – qui a révélé un immense mouvement d’opinion publique mondial opposé à la guerre – dont la vocation est de rappeler au réel un tel malheur: la mort ne se laisse pas virtualiser.

Et il est bon aujourd’hui de voir et revoir, de se remémorer des œuvres qui ont exprimé, manifesté leur position de résistance face au désastre fait «en notre nom» (pour reprendre l’intitulé de la lettre «pas en notre nom» signée par de très nombreux américains, intellectuels et artistes en tête, à laquelle se joignent les Européens): Otto Dix, «Guernica» de Picasso, «Le Grand Burundun» de Matta ou «Pol Pott» d’Erró. Françoise Ninghetto

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