Editorial

Isabelle Krieg · Tonschlick auf Fenster, 2007, Test für Installation
«KRIEG MACHT LIEBE» im Centre PasquArt Biel, Copyright ProLitteris

Isabelle Krieg · Tonschlick auf Fenster, 2007, Test für Installation
«KRIEG MACHT LIEBE» im Centre PasquArt Biel, Copyright ProLitteris

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In ihrem neusten Projekt lässt die Zürcher Künstlerin Isabelle Krieg ihren Namen zum Programm werden. Für ihre Recherchen griff sie zunächst zum eigenen Familienalbum: Dort posiert sie als kecke Siebenjährige mit dem Karabiner des Vaters. Diese heitere Kindermaskerade kontrastiert mit den düsteren Bildern, mit denen wir täglich durch das Fernsehen und Zeitungen konfrontiert sind. Krieg bedeutet hier: Realitäten und Landschaften zerstören, Perspektiven verlieren und Lebensräume vernichten. Für die geplante Ausstellung im Centre PasquArt in Biel experimentierte die Künstlerin mit Vorhängen aus Dreck und Blut. Eine dieser Testaufnahmen haben wir nun für die Titelseite ausgewählt.
Isabelle Krieg dürfte einigen Leserinnen und Lesern bereits ein bekannter Name sein. Für den Kunst-Bulletin-Jahreskalender 2005 hatte sie ein suggestives Bildpaar beigesteuert: Ein italienischer Palazzo vor blauem Sommerhimmel, aus dessen Fenstern weisser Schaum quillt. Ein Grüppchen faszinierter Menschen schaut den vom Wind erfassten schillernden Schaumwolken mit gereckten Hälsen nach. «Schaumschauen» lautet der poetische Titel dieses Projektes. Dass Poesie durchaus auch eine politische Note hat, macht nun ihr zweiter markanter Auftritt im Kunst-Bulletin deutlich. Claudia Jolles

Il y septante ans, le 26 avril 1937, la Légion Condor de l?aviation allemande, bombardait, sur ordre du général Franco, la ville de Guernica en pays Basque espagnol. C'était un lundi, jour de marché. Deux mille personnes furent tuées, la ville presque totalement anéantie. On peut imaginer la peur décomposant les visages, la souffrance anéantissant les corps, le désespoir marquant infiniment les survivants. Depuis, tant d'images venues de toute part de la Terre nous montrent des scènes similaires, insupportables et intolérables.
Entre le 1er mai et le 6 juillet 1937, Picasso peint «Guernica», immense toile au symbolisme complexe, présentée dans le Pavillon espagnol de l'Exposition internationale des Arts et Techniques à Paris. «J'ai toujours cru et je crois, déclara Picasso, que les artistes qui vivent et travaillent selon des valeurs spirituelles ne peuvent et ne doivent pas demeurer indifférents au conflit dans lequel les plus hautes valeurs de l'humanité et de la civilisation sont en jeu.»
Aujourd'hui le tableau conserve son pouvoir d'icône de la lutte politique et de la paix: la culture opposée à la violence. «Guernica» réfléchit les contraires, l'éclatement et les humiliations totalitaires. Qu'en est-il aujourd'hui de notre rapport au monde et de notre représentation du monde? En effet, où garder sa tête?, insinue Emir Kusturica dans son court-métrage «Guernica», 1978. Le film s'ouvre sur un père photographiant son fils qui, jouant dans un jardin, place sa tête au-dessus d'un buste sculpté décapité? Françoise Ninghetto

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