Une porte

Une porte

Public Art

Extraits du RIABE, règlement concernant l’intervention artistique sur les bâtiments de l’État :
Art. 1— Pour tous les bâtiments édifiés par l’État de Vaud, un montant proportionnel au coût de construction ou de rénovation proprement dit (le pour-cent culturel) doit être réservé pour une intervention artistique sur le bâtiment.
Art. 2— Une intervention artistique consiste dans l’intégration, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’édifice, d’œuvres, de gestes ou de marquages artistiques qui entrent en interaction avec son architecture, sa fonction, ses utilisateurs et le public en général.

Depuis 1979, Une porte, de l’artiste Daniel Schlaepfer, est la 90.3ème intervention artistique dans un bâtiment de l’État de Vaud.

 

Une porte
«Dans une prison, on est vraiment sur le fil du rasoir, tout ce qu’on peut faire peut être mal interprété, pris pour une provocation ou un sarcasme. Je voulais marquer ce passage par une porte qui, lorsqu’elle se referme, laisse quelque espoir. Il fallait qu’elle soit épaisse, lourde et solide mais qu’elle puisse être traversée par la lumière.»
Pour Daniel Schlaepfer, cette porte est l’occasion d’éprouver ses réflexions sur l’opacité et la lumière. Lui qui a étudié les mathématiques se passionne à l’époque pour les fractales, comme une «tentative de mettre de l’ordre dans ce que l’on appelait, faute de mieux, le ‹chaos›». Du point de vue formel, ce qui l’intéresse, dès lors que l’idée d’une surface percée s’est faite, c’est que la distribution des trous ne soit pas aléatoire, qu’elle soit informée par un arrangement. C’est l’observation de l’agrégation des molécules de lactose qui lui donne la clef: au début dispersées, celles-ci se regroupent progressivement par capillarité, trouvent un semblant d’ordre et forment des filaments, des groupes.
La réalisation exige un important travail de serrurerie : entre deux plaques d’acier perforées selon le même dessin, des tubes qui, fonctionnant comme des entretoises, règlent l’épaisseur et laissent passer la lumière. Daniel Schlaepfer se défend de délivrer un message symbolique autour de la porte qui reste ainsi ouverte aux interprétations. Certains détenus décèlent dans les trous des impacts de balles suite à l’arrosage d’une mitraillette, d’autres des grappes de raisins stylisées… […]

Nadja Maillard, extrait de «Vaud. Art et architecture»
Éditions Favre, 2014

 

Daniel Schlaepfer
« Daniel Schlaepfer pratique un art en situation. Ses œuvres sont généralement des installations qui investissent des espaces : bâtiments publics, places urbaines, carrefours, zones piétonnes, maisons privées, domaines, parcs ou jardins. Au moyen de ses interventions de lumière, Daniel Schlaepfer nourrit un dialogue avec un endroit donné, il en souligne les particularités et fait émerger ses dimensions intrinsèques. Plutôt que de modifier l’espace, ses travaux créent les conditions pour faire apparaître la nature d’un lieu. Si tout est déjà là, présent sous nos yeux, la mise en lumière affûte la sensibilité à la dimension métaphysique.
Minutieux contemplateur, Daniel Schlaepfer enracine son travail dans l’observation et la récolte de formes selon une démarche très inspirée par les méthodes des sciences naturelles et de la botanique. » […]

Marie André, extrait de «Sculpter la lumière»,
dans Collectif, Lumen & Lux,
Gollion : Infolio, 2012, p. 56.

 

Datierung 
1995
Standort 
Prison de La Croisée
chemin des Pré-Neufs 1
1350 Orbe
Schweiz

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