Triptyque

Triptyque

Public Art

Extraits du RIABE, règlement concernant l’intervention artistique sur les bâtiments de l’État :
Art. 1— Pour tous les bâtiments édifiés par l’État de Vaud, un montant proportionnel au coût de construction ou de rénovation proprement dit (le pour-cent culturel) doit être réservé pour une intervention artistique sur le bâtiment.
Art. 2— Une intervention artistique consiste dans l’intégration, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’édifice, d’œuvres, de gestes ou de marquages artistiques qui entrent en interaction avec son architecture, sa fonction, ses utilisateurs et le public en général.

Depuis 1979, Triptyque (tapisserie), de l’artiste Arthur Jobin, est la 12ème intervention artistique dans un bâtiment de l’État de Vaud.
 

Arthur Jobin
À la fin de sa scolarité à Yverdon et Lausanne, Arthur Jobin entreprend un apprentissage de tailleur en confection. Il s’adonne à la peinture en autodidacte avant d’entrer à l’École des beaux-arts et des arts appliqués de Lausanne en 1946 pour une durée de trois ans, ponctuée dès l’année suivante de séjours réguliers à Paris, où il fréquente l’académie libre de la Grande Chaumière. Il se fixe à Lausanne en 1949, tout en poursuivant ses fréquents séjours à Paris, où il s’intéresse au post-cubisme, qui marque ses premières œuvres, et découvre l’abstraction au Salon des Réalités nouvelles. En 1950, il obtient sa première Bourse fédérale. À Lausanne, sa première exposition personnelle à la Galerie de L’Entracte, en 1952, le propulse comme un pionnier de l’abstraction en Suisse romande. En 1955, Jobin fonde avec Charles-Oscar Chollet, André Gigon et Jean-Claude Hesselbarth le «Collège vaudois des artistes concrets», auquel se rallient bientôt Antoine Poncet puis Denise Voïta. Parallèlement, Jobin voue une passion à la sérigraphie, discipline qu’il enseignera à l’ECAL de 1957 à sa retraite en 1992.

Il s’adonne également à la tapisserie (Bourse fédérale des arts appliqués en 1956), participe à la fondation du «Groupe de cartonniers-lissiers romands» et, en étroite collaboration avec sa femme Claire Jobin, née Marti,lissière, prend part aux 3ème et 4ème Biennales internationales de la tapisserie contemporaine à Lausanne, en 1967 et 1969, ainsi qu’à la 1ère Biennale internationale de la tapisserie à Lodz (Pologne), en 1975. Dès la fin des années 1960, il adopte une logique de production sérielle basée sur le cercle, avec d’abord les Emblèmes, déclinés selon une palette chromatique réduite à quelques couleurs intenses poussées à saturation. Les Cercles éclatés leur succèdent dès les années 1990. En 2000, Jobin exclut la couleur au profit de lignes délicates et de fines surfaces colorées se détachant sur un fond monochrome uniformément blanc. Longtemps, l’abstraction géométrique de Jobin a été caractérisée par l’orthogonalité: par un foisonnement d’éléments rectangulaires et carrés, colorés en aplats, liés en bandeaux et fractionnant la surface picturale, puis par leur réduction en de larges plans épurés, selon une géométrie instinctive et lyrique, distincte de la logique mathématique de l’art concret zurichois.

Dès 1969, Jobin invente une héraldique basée sur le cercle, constitué de plusieurs anneaux ou conjugué avec des bandes colorées, qui prend possession de toute la toile, de format carré, selon une symétrie axiale. Cette géométrie est accentuée par une gamme chromatique limitée à cinq, six, parfois sept couleurs (dont le jaune est exclu), intenses, saturées, selon des accords incandescents. Dans les années 1980, les Emblèmes tendent vers la monumentalité, le cercle, vu comme un absolu, devenant objet de méditation. Dès les années 1990, cette cosmogonie est renouvelée par la série des Cercles éclatés, qui dominent la composition et font apparaître des champs de tensions entre forces vives et couleurs intenses.

d’après Jaccard Paul-André, 2009
 

Datierung 
1985
Standort 
Cure d’Écublens
place du Motty 1
1024 Écublens
Schweiz

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