Le Mutant héraldique

Le Mutant héraldique

Public Art

Extraits du RIABE, règlement concernant l’intervention artistique sur les bâtiments de l’État :
Art. 1— Pour tous les bâtiments édifiés par l’État de Vaud, un montant proportionnel au coût de construction ou de rénovation proprement dit (le pour-cent culturel) doit être réservé pour une intervention artistique sur le bâtiment.
Art. 2— Une intervention artistique consiste dans l’intégration, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’édifice, d’œuvres, de gestes ou de marquages artistiques qui entrent en interaction avec son architecture, sa fonction, ses utilisateurs et le public en général.

Depuis 1979, Le Mutant héraldique, de l’artiste Gaspard Delachaux, est la 18.1ème intervention artistique dans un bâtiment de l’État de Vaud.
 

Le Mutant héraldique
Le Mutant héraldique est une sculpture en calcaire beige de 480 x 200 x 150 cm, d’un poids de 30 tonnes. Le thème a été choisi par l’artiste en relation avec la nouvelle affectation de la caserne de Lausanne. Le bouclier s’est imposé tant par l’utilisation du bâtiment (protection assurée par la Prévoyance sociale et par une une armée défensive) que par l’esprit du bâtiment 1882. Le mutant fait un clin d’œil par delà les époques. Sa position signale l’entrée des piétons par la route des Plaines du Loup. Le bouclier tourné vers l’extérieur, le mutant indique par le mouvement de sa tête l’entrée principale et guette les visiteurs et utilisateurs venant du parking.

Gaspard Delachaux, 1984
 

Gaspard Delachaux
Gaspard Delachaux opte pour la sculpture et la gravure à l’ECAL. Il en sort diplômé en 1970. Dès 1972, il réalise de nombreuses pièces monumentales dans l’espace public et pour des entreprises. Depuis 1987, il enseigne à l’ECAL dont il est, de 1992 à 1999, le maître responsable du département arts visuels.
Son langage premier est la taille directe de la pierre: granit noir de Belgique, marbre rose du Portugal, calcaire de Bourgogne, travertin rouge d’Iran, basalte de Suède. Mais le dessin a toujours fait partie de son travail comme laboratoire de recherche et journal d’idées. Au tournant de l’an 2000, la découverte de l’informatique l’incite à faire bouger ses dessins par projection sur ses sculptures ou au sol dans ses installations. Depuis 2002, il s’est mis à la réalisation de courts métrages d’animation.
Entre le ciseau et la souris, la pierre taillée et l’informatique, la matière et le virtuel, Gaspard Delachaux aime, avec une tendresse narquoise, à réveiller la mémoire animale archaïque qui est enfouie en chacun de nous, tout en faisant planer sur elle le spectre inquiétant de la génétique postmoderne. Sa sculpture instaure une dialectique du dur et du mou: le dur de la pierre et le mou de corps flexibles aux ondulations reptiliennes, aux grâces de mollusques et aux morphologies incertaines ou inachevées. Son bestiaire mutant qui va de la sculpture « de poche » au mastodonte de trente tonnes a beau être de pierre, il se prête à toutes les métaphores et métamorphoses pour nous rappeler combien la frontière est floue entre l’homme et la bête. Sous ses airs patauds et débonnaires, pas féroce pour deux sous malgré ses grimaces et contorsions, et même plutôt touchant et vulnérable derrière ses anatomies improbables, il révèle un fond de gravité et sécrète un vague malaise, une angoisse sourde: les monstres domestiques ne sont-ils pas les plus inquiétants, comme une menace venue de l’intérieur ? [...]

d’après Françoise Jaunin, 2006

Datierung 
1986
Standort 
Bâtiment administratif de la Pontaise (BAP)
avenue des Casernes 2
1018 Lausanne
Schweiz

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