Editorial

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La fin de l’académisme

La Bâtie, le Festival annuel de la fin de l’été genevois, est toujours un moment excitant de la vie culturelle, car son ambition est de se placer à l’affût de nouvelles propositions, à la recherche de créations qui engagent une ouverture vers ce qui est en train d’émerger. Le programme annonce des spectacles de danse, de théâtre et de musique qui arrachent radicalement les différentes disciplines de leur territoire spécifique traditionnel. Et l’on peut déjà, à la lecture des différentes présentations – avant même d’avoir pu voir les réalisations – être porté à quelques réflexions qui, si elles ne sont pas tout à fait nouvelles, viennent renforcer l’analyse que nous pouvons faire de la création contemporaine. Il y a là des croisements, que les plasticiens d’ailleurs explorent également largement, qui visent à des rencontres dans lesquelles les genres, les techniques se mêlent et s’entremêlent, se débordent l’un l’autre. Il ne s’agit pas de «faire mode» ou d’être branché. Mais bien d’une recherche de tout ce qui, dans chaque domaine – le corps, le mouvement, le langage, le son, l’image – s’enracine dans des approches similaires de la création contemporaine. Faut-il craindre que, dans ce mélange de genres, chacun y laisse quelques plumes? que la spécificité de chaque discipline se perde voire que la virtuosité disparaisse? (propos entendus de-ci de-là?) Au contraire, c’est bien à une nouvelle curiosité que le spectateur est invité. Existe-t-il des moments plus stimulants que lorsqu’on ne sait pas trop à quoi s’attendre et que les artistes nous proposent un terrain qui nous est encore inconnu?

 

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