Sémaphore Métaphore

Sémaphore Métaphore

Public Art

Extraits du RIABE, règlement concernant l’intervention artistique sur les bâtiments de l’État :
Art. 1— Pour tous les bâtiments édifiés par l’État de Vaud, un montant proportionnel au coût de construction ou de rénovation proprement dit (le pour-cent culturel) doit être réservé pour une intervention artistique sur le bâtiment.
Art. 2— Une intervention artistique consiste dans l’intégration, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’édifice, d’œuvres, de gestes ou de marquages artistiques qui entrent en interaction avec son architecture, sa fonction, ses utilisateurs et le public en général.

Depuis 1979, Sémaphore Métaphore, de l’artiste André-Paul Zeller, est la 110.3ème intervention artistique dans un bâtiment de l’État de Vaud.

 

Sémaphore Métaphore
Placé sur une plate-forme dégagée, au point d’articulation entre le bâtiment de la police et celui des garages et ateliers, Sémaphore Métaphore est un hydromobile mû par la force du vent, dont les roues à aube carrées sont actionnées par le remplissage d’un certain nombre d’augets, c’est-à-dire de petits godets fixés à leur circonférence pour recevoir l’eau motrice. Sa hauteur moyenne est de 15 mètres et le diamètre de son grand disque de 2,26 mètres. Il pèse 9 tonnes au total et le grand contrepoids basculant cinq. La course verticale des éléments extrêmes est de 10 à 12 mètres et leur oscillation d’environ 60 degrés. L’hydromobile trahit la complexité et la subtilité de sa conception, si l’on sait que tout est fondé sur le poids variable des godets selon la quantité de liquide qu’ils contiennent, que l’eau circule en permanence, que chaque élément du mobile participe à un mouvement cyclique de l’ensemble ; «il lui faut le défi des équilibres instables […] du mouvement à orchestrer dans un perpetuum mobile qui n’a d’autre moteur et technique que l’action lente, inconstante et irrégulière des éléments naturels» écrit à son sujet Françoise Jaunin. [...]

Nadja Maillard, extrait de «Vaud. Art et architecture»
Éditions Favre 2014

 

André-Paul Zeller
[...] Dans les années 1952 à 1960, André-Paul Zeller s’adonne à la peinture expressionniste, évoluant vers la non-figuration. Dès 1960, son activité principale est la sculpture expérimentale, mobile, colorée et sonore.
Honoré de nombreuses commandes publiques, il aura l’occasion de réaliser plusieurs œuvres monumentales, même si, après avoir gagné un concours d’idées, la mise en œuvre de ces sculptures qui bougent, mouillent et font du bruit se révèle parfois trop compliquée aux utilisateurs frileux. [...]
L’artiste lui-même nous renseigne sur l’origine de son travail: «Calder et Tinguely m’ont révélé le mouvement, mais j’ai voulu rapidement me distancer d’eux. J’ai cherché à casser le mouvement mécanique, continu et régulier qui m’assommait.» De plus, ses objets produisent des sons, inattendus, discrets, aléatoires toujours, comme en atteste sa sculpture hydromobile et sonore, dissonante, La Stockhausen, de la collection du Musée cantonal des beaux-arts de Sion. André-Paul Zeller se plaît à souligner le caractère dérisoire, irrationnel et fantasque de son travail. Il sent que ce qu’il fait le rapproche du cosmos, que le cosmos est en lui, bien qu’il n’y connaisse rien. Il crée un monde par oscillations successives. On dit de ses machines qu’elles font rêver, elles le font et plus encore, elles remplissent cette fonction essentielle de l’art qui par la simple esquisse d’un mouvement fait pressentir l’effondrement du monde et son recommencement.

Nicolas Raboud, 2005

 

Datierung 
1975
Standort 
Centre Blécherette
route de la Blécherette 101
1052 Le Mont-sur-Lausanne
Schweiz

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