Ligne de lumière

Ligne de lumière

Public Art

Extraits du RIABE, règlement concernant l’intervention artistique sur les bâtiments de l’État :
Art. 1— Pour tous les bâtiments édifiés par l’État de Vaud, un montant proportionnel au coût de construction ou de rénovation proprement dit (le pour-cent culturel) doit être réservé pour une intervention artistique sur le bâtiment.
Art. 2— Une intervention artistique consiste dans l’intégration, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’édifice, d’œuvres, de gestes ou de marquages artistiques qui entrent en interaction avec son architecture, sa fonction, ses utilisateurs et le public en général.
Depuis 1979, Ligne de lumière, de l’artiste Pierre Chevalley et Jean-Paul Michel, est la 9ème intervention artistique dans un bâtiment de l’État de Vaud.
 

Ligne de lumière
Le tracé débute en contrebas de la volée de marches extérieure, franchit le seuil, traverse la zone d’accueil, gravit les escaliers (non sans se plier à la géométrie de leurs marches) et pousse une pointe dans la grande salle d’audiences. Quand elle est incrustée dans le sol et les murs, la ligne est en marbre blanc du Brésil, piqué de cristaux comme autant de petits brillants qui lui confèrent une luminosité propre; en superstructure, elle est relayée par des tubes de néon fixés à des supports métalliques qui reviennent au-dessus de l’entrée. En fait, ces deux lignes définissent un plan invisible qui coupe de biais l’espace toute hauteur du hall central, dispositif qui renforce peut-être le refus de la symétrie évoqué plus haut.
Avec une extrême simplicité, l’intervention dépasse son inspiration conceptuelle pour se déployer dans un registre saturé de symboles et d’interprétations. La ligne interroge le thème du franchissement, […] la ligne engage l’autre côté. Avec la porte, le mur, le seuil, l’escalier… elle fait partie de ces objets ordinaires qui ont la capacité de révéler nos façons de raisonner et d’arraisonner le monde.

Nadja Maillard, Extrait de « Vaud. Art et architecture »
Éditions Favre, 2014

 

Pierre Chevalley
Pierre Chevalley est professeur de peinture à l’ECAL de 1973 à 1991. Parallèlement à la peinture, il pratique la gravure, éditée notamment par la Galerie Franz Mäder à Bâle. Il réalise avec le sculpteur Jean-Paul Michel de nombreux ouvrages intégrés à l’architecture comme, par exemple, au Tribunal cantonal à Lausanne en 1984–86. Les recherches picturales de Pierre Chevalley se concentrent sur le blanc, le noir, le gris; il questionne l’espace ouvert ou fermé, soutenu par les gris de la lumière diffuse. La forme est carrée, stricte, stable, et la main est présente. Dès 1973 interviennent Les Écritures comme éléments qui structurent le tableau et introduisent une dimension humaine, lisible et illisible. Des traits noirs, des signes, des graphies ont le tremblement et l’hésitation du souffle. […] Les dernières peintures regorgent de couleurs. Celles-ci sont si prégnantes qu’elles se laissent oublier. Les noirs sont colorés, les blancs ouvrent des espaces; la valeur règne et définit le monde: l’ouvert et le fermé, le jour et la nuit, l’infini et la profondeur. Le carré est resté. Le noir devient immense, bleuté et ténébreux. Le geste est libre, au centre du tableau, direct, rapide, sensible; il pose la couleur vive, à l’émail, saturée. Ce chemin est comme celui de la méditation et de la prière, la lente et longue préparation de la plage d’écriture, habitée, nourrie du long travail de l’artiste qui superpose une infinité de couches de peinture jusqu’à la profondeur atteinte. […]

d’après Nicolas Raboud, 1998

Datierung 
1988
Standort 
Tribunal cantonal
route du Signal 8
1018 Lausanne
Schweiz

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