Le grand sanctuaire

Le grand sanctuaire

Public Art

Extraits du RIABE, règlement concernant l’intervention artistique sur les bâtiments de l’État :
Art. 1— Pour tous les bâtiments édifiés par l’État de Vaud, un montant proportionnel au coût de construction ou de rénovation proprement dit (le pour-cent culturel) doit être réservé pour une intervention artistique sur le bâtiment.
Art. 2— Une intervention artistique consiste dans l’intégration, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’édifice, d’œuvres, de gestes ou de marquages artistiques qui entrent en interaction avec son architecture, sa fonction, ses utilisateurs et le public en général.

Depuis 1979, Le grand sanctuaire, de l’artiste André Raboud, est la 5ème intervention artistique dans un bâtiment de l’État de Vaud.
 

Le grand sanctuaire
Réalisé en granite rouge de Collonges, Le grand sanctuaire compte plusieurs pièces: cinq pierres dressées balisent un périmètre théorique; placés dans un alignement, deux piédroits reliés par un linteau évoquent le torii d’un temple shintoïste, des pierres couchées l’une dans l’autre, diversement concaves, reçoivent un élément taluté et font face à deux blocs triangulaires dont l’espace intersticiel est dans l’axe. Tantôt éclatée, tantôt poncée, la pierre dure révèle la richesse de ses conglomérats, ses rouges profonds striés de silice blanche. Des thèmes chers au sculpteur de Monthey sont convoqués ici: la porte, le cadre, la barque, le passage … Françoise Jaunin commente: «Sous le poli de la pierre, la violence. Sous la perfection du métier, la barbarie originelle. Sous l’élégance austère des formes, la force des symboles. Et derrière la géométrie tendue, l’histoire de la statuaire millénaire. Comme si André Raboud était sculpteur depuis des temps immémoriaux, ravivant le souffle d’antiques mémoires et de savantes cosmogonies qu’il hybride et réinvente dans son langage personnel pour insuffler un supplément d’âme à notre époque déspiritualisée.»
(Le grand dialogue, 2012).

André Raboud
«Le travail d’André Raboud est profondément marqué par la connaissance et le respect du matériau qu’il utilise principalement, le travail de la pierre en taille directe. Les voyages et rencontres jalonnent son évolution stylistique.
[…] À partir de recherches formelles centrées sur le thème de l’agression et de la concentration, le corps et sa volupté, il rentre de Crète en 1974 avec un nouveau répertoire fait de signes emblématiques, autels, haches et cornes.
La mort du sculpteur et ami Marco Pellegrini et un voyage en Amérique centrale en 1978 l’amèneront à abandonner la production d’œuvres d’un esthétisme formel pour se consacrer à des travaux plus symboliques qui prendront la forme de tables sacrificielles et de tombeaux.
[…] De ses voyages au Japon en 1990 et 1992, il rapporte une impressionnante série de sculptures en lave et en serpentine sur le thème de L’homme qui crie, à la suite d’une visite au musée de la bombe atomique d’Hiroshima. Exécution dans ce pays d’une série d’œuvres monumentales principalement en granit noir. De retour du Japon, il abandonne progressivement un type d’ornementation pour se tourner vers une sculpture plus silencieuse. Nombreux travaux en granit noir et en serpentine inspirés la philosophie japonaise sur le thème des Jardins.
Dès 1993, une série de sculptures d’atelier en serpentine et en quartzite sous le titre Porte pour un ange. Travaux sur le thème du Cadre abordé de façon très directe, où la pierre éclatée s’oppose aux surfaces sciées ou polies. […]
Dès 1999, La jeune fille et la mort, La mémoire et la mer, Les jeunes filles, Les grands passages. […] Aujourd’hui, ce répertoire formel se concentre de plus en plus sur la thématique des Amants, grandes Stèles et Monolithes, tous de granit noir d’Afrique ou d’Inde.
[…] Ces sculptures, le choix des matériaux, la technique du travail, constitue une œuvre très construite, à la charge symbolique forte.»

Nicolas Raboud
 

Datierung 
1984
Standort 
Archives cantonales vaudoises
rue de la Mouline 32
1022 Chavannes-près-Renens
Schweiz

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