Editorial

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Mobile ou immobile, enfin l’image

Dire que nous sommes submergés par les images est devenu une banalité. Pour autant, la part de vérité que contient cette affirmation n’en est pas réduite. Etudier l’histoire des images – comment les regardait-on au Moyen-Age ou à la Renaissance, comment la photographie ou le cinéma sont venus se greffer sur l’iconologie traditionnelle – est une manière de chercher à comprendre l’affolement de notre regard. Car, si l’image n’est pas une invention de la fin du 20e siècle, nous arrivons encore un peu moins à savoir ce qu’est «l’image contemporaine» que celles des périodes antérieures. Les études, plus ou moins récentes, développent des points de vue qui tentent de mettre des points d’ancrage dans notre histoire afin d’en saisir le sens. Faut-il pointer la prolifération, la saturation? Ou, plutôt, orienter notre réflexion vers la question de la diversité, virtuellement infinie, des modes d’être de l’image.Mais qu’en est-il du spectateur face à ces images qui «passent», devant lesquelles il ne s’arrête que quelques minutes, un quart de fesse à peine posé sur le bout d’un banc, entrant à tâtons dans un espace obscurci où se déroule un récit qui a commencé sans lui et dont il ne verra pas la fin? Notre oeil aurait-il acquis de nouvelles capacités de vitesse qui nous permettent d’être ainsi nous-mêmes des passants devant des images mobiles.

 

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