Mapping Sitting - On Portraiture And Photography

Hachem el Madani · Vue de la section «Group», Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 2002, © FAI

Hachem el Madani · Vue de la section «Group», Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 2002, © FAI

Hachem el Madani · Vue de la section «ID» (photos d&acuteidentité), Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 2002, © FAI

Hachem el Madani · Vue de la section «ID» (photos d&acuteidentité), Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 2002, © FAI

Fokus

«Il n´existe aucun travail institutionnel et patrimonial sur la photographie dans les pays arabes. On ne peut plus attendre», tel était le constat d´une poignée d´artistes libanais lorsqu´ils créèrent en 1997 la Fondation Arabe pour
l´Image à Beyrouth. Akram Zaatari et Walid Ra´ad, deux membres de la fondation, présentent dans l´exposition itinérante «Mapping Sitting», une partie de ce patrimoine photographique issu des quatre coins du Moyen-Orient au Centre pour l´image contemporaine à Saint-Gervais.

Mapping Sitting - On Portraiture And Photography

Un projet d&acuteAkram Zaatari et Walid Ra&acutead

L&acuteexposition Mapping Sitting aurait pu avoir comme sous-titre «le portrait photographique au Moyen-Orient avant l&acuteavènement des appareils jetables de Kodak», car l&acuteintégralité des portraits présentés dans l&acuteexposition ont été réalisés par des photographes professionnels entre 1930 et 1970, alors que la photographie avait encore le statut d&acuteobjet de luxe et qu&acuteune visite chez le photographe équivalait à une visite chez le tailleur.

La fondation Arabe pour l&acuteimage, dont plusieurs membres se sont déplacés en Egypte, Syrie, Jordanie, Palestine et Irak pour sauvegarder des négatifs et tirages condamnés à l&acuteoubli, la perte ou à la désintégration,
privilégie l&acutehéritage des photographes de studio. De ce fait, Akram Zaatari et Walid Ra&acutead ont choisi pour «Mapping Sitting» des collections de photographes locaux afin de présenter les démarches
photographiques caractéristiques de l&acuteépoque et de l&acuteespace géographique en question.

L&acuteexposition propose quatre sections différentes. La première est consacrée à la photographie d&acuteidentité et contient 2975 photos de passeports issues d&acuteune collection du studio du libanais Antranik Anouchian (1908?1991). Les photographies, alignées et regroupées selon des signes distinctifs (moustache, lunettes, et type de coiffure) dressent une fresque sociale rappelant involontairement un avis de décès collectif ou «La Réserve des Suisses Morts» de Christian Boltanski. Aussi la juxtaposition d&acuteune telle quantité de photographies, similaires en matière de pose et d&acuteéclairage, fragilise la position de l&acuteindividu ou comme le dit Akram Zaatari «un portrait isolé de mon grand-père représente mon grand-père, quand il y en a des dizaines de similaires, on entre dans une autre dimension.»

La deuxième section présente deux collections de
portraits de groupes. La première, montée sur bande-vidéo, est composée de portaits de soldats égyptiens et irakiens de 1920 à 1940. Les similitudes des portraits l&acuteemportent sur les différences laissant l&acuteimpression d&acuteun même groupe qui défile. À côté, la collection d&acuteimages léguée par l&acuteinfirmière égyptienne Zainab Shalabi évoque le parcours professionnel de celle-ci et tissent un début de biographie qui mériterait d&acuteêtre continue.

La troisième section rend hommage au photographe libanais Hashem el Madani, photographe de studio qui entre 1948 et 1953 parcourait chaque matin les rues de la vieille-ville de Saida ainsi que les lieux publics destinés aux loisirs pour prendre des photos des personnes qui le désiraient. Des baigneurs dans l&acuteeau, d&acuteautres allongés sur la plage ou posant tels stars de la musculation; le
photographe Madani aimait manifestement la mise en scène. Reste à regretter la quasi-absence des femmes sur les photos de lieux publiques. Madani aurait su les mettre en valeur.

Enfin, la dernière section dévoile soixante «photos surprises», une pratique courante au Moyen-Orient entre 1940 et 1960 qui consistait à saisir les passants sur le vif. Superposés dans un montage vidéo rapide, les portraits sont brouillés et le flux continu des passants apparaît
telle une plongée à travers de précieux souvenirs pâlis par le temps.

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